RAVENGUARD

WDF 104 p. 18 et suivantes

La Raven Guard est spécialisée dans les frappes éclairs sur les arrières de l'ennemi, la guérilla et la contre-attaque rapide en réaction aux manoeuvres adverses. Au cours de la grande Croisade, cette légion conquit de nombreux mondes considérés comme imprenables en orchestrant des frappes chirurgicales sur les points faibles des lignes ennemies. Suite à l'Hérésie d'Horus, la Raven Guard fut presque entiérement anéantie, et ce n'est qu'en prenant les mesures les plus désespérées qu'elle survécut.


ORIGINES

Concernant le passé de Corax, le Primarque de la Raven Guard, rien n'est tenu pour acquis. Les légendes de la légion restent elles-mêmes vagues à propos du jeune homme au teint pâle qui grandit sur la lune riche en minerais mais désolée de Lycaeus. Cette lune orbitait autour de Kiavahr, une planète technologiquement avancée dont la surface était recouverte de tentaculaires réseaux de machineries et de forges-cathédrales. Lycaeus était peuplée d'éxilés issus des planètes alentours, vivant dans des dômes de force rudimentaires afin de se protéger du vide interstellaire. Les technoguildes qui dirigeaient Kiavahr utilisaient les complexes miniers de Lycaeus comme terre d'exil pour les pires criminels et ceux qui ne remplissaient pas les quotas de production. Des superviseurs lourdement armés régissaient la lune depuis les hauteurs d'une montagne qui dominait les complexes miniers. En d'autres termes, être banni sur Lycaeus équivalait à une condamnation à mort.

D'anciens textes à demi effacés et conservés précieusement dans le librarium de la Raven Guard racontent que les habitants de Lycaeus furent longtemps les esclaves de Kiavahr, forcés de travailler aux mines dans les pires conditions sous la menace de gardes armés jusqu'aux dents. Des accidents faisaient de nombreuses victimes et l'atmosphère polluée de la lune prélevait également un lourd tribut parmi les enfants des travailleurs. Une fois condamné à perpétuité sur Lycaeus, il n'y avait plus aucun moyen de s'échapper, aussi les esclaves priaient-ils l'Empereur pour qu'il leur envoie un sauveur. Celui-ci vint sous la forme d'un enfant dont la peau était aussi blanche que la neige.

Il existe de nombreuses histoires relatant la découverte de Corax, et il est peu probable qu'on sache un jour la vérité. Une de ces légendes raconte qu'au cours d'excavations sous un glacier, qui coûta la vie à des centaines d'esclaves, on découvrit une salle cachée contenant l'enfant. Une autre parle d'une comète flamboyante qui s'abattit sur une montagne d'acier, et d'un enfant entouré d'un halo de lumière fantomatique émergeant indemne des décombres. Certains racontent également qu'un géant mourant confia le bébé aux esclaves et le demanda de le protéger des sombres. Quelles que furent les circonstances de sa découverte, les esclaves de Lycaeus prirent soin du bébé à la peau blanche et aux cheveux noirs, qu'ils nommèrent Corax, "le sauveur". Ils cachèrent l'enfant à leurs geôliers et l'élevèrent comme l'un des leurs. En quelques années seulement, il vint à maturité, ce qui réjouit grandement les esclaves qui voyaient en lui le sauveur envoyé par l'Empereur. Ils formèrent le jeune Primarque dans tous les domaines qu'ils purent, les origines variées des exilés brassant un vaste éventail de connaissances, mais par-dessus tout, Corax devint un expert en sabotage, démolition et meurtre. Ils lui enseignèrent également toutes les qualités nécessaires à un chef. Le Primarque s'avéra extrêmement rapide dans son apprentissage, tirant profit de sa force, de son intelligence et de son tempérament taciturne pour ingurgiter avec voracité toujours plus de savoir.

Depuis son plus jeune âge, Corax savait que sa destinée était de délivrer son peuple et, à mesure que les années passaient, il commença à construire les bases de leur future liberté. Les ressources des esclaves étant limitées, il ne leur était possible que de fabriquer des armes basiques, mais ils en dissimulèrent un grand nombre en différents points stratégiques des complexes miniers. Corax organisa les esclaves en différentes escouades d'assaut, confiant leur commandement aux membres les plus compétents. Il engagea également une guerre psychologique contre les geôliers, organisant régulièrement des émeutes et des sabotages qui affaiblirent les ressources de la garnison et sapèrent le moral des gardes. Chaque événement fut calculé afin que la pression ne cesse de croître graduellement, jusqu'à ce que Lycaeus ne soit plus qu'un baril de poudre sur le point d'exploser.

Le moment venu, Corax et ses escouades frappèrent. D'imposantes machines de forage furent acheminées dans les rues jusqu'à des lieux clefs. Des équipes dotées de marteaux piqueurs et de scies laser sectionnèrent les lignes de communication ou de transmission de l'énergie, empêchant le ravitaillement des principales bases ennemies. Un des dômes les plus importants, celui qui renfermait l'essentiel de la puissance militaire des gardes de Lycaeus, fut brisé, exposant au vide ses occupants. Simultanément, Corax et ses meilleurs guerriers lancèrent un assaut contre la forteresse des geôliers et s'en emparèrent au terme d'une seule nuit de combats. Après des siècles de répression, aucune pitié ne fut accordée à ceux qui avaient oppressé et exécuté les esclaves.

Surprises par la chute de Lycaeus, les technoguildes envoyèrent des troupes écraser la rébellion. La guerre fut courte et meurtrière. Les forces de Corax utilisèrent des puits gravitiques pour bombarder Kiavahr de containers remplis de charges atomiques bricolées, détruisant de vastes portions du paysage industriel de la planète. Lorsque les troupes de Kiavahr atterirent sur la lune pour combattre, Corax les attendait avec ses guerriers. Le Primarque eut systématiquement un temps d'avance sur ses ennemis, orchestrant des frappes chirurgicales qui décimèrent leurs quartiers généraux et coupèrent leurs lignes d'approvisionnement, les obligeant à rester sur la défensive.

Corax obtint finalement la victoire lorsque les troupes de Kiavahr se replièrent et que l'économie de leur planète, privée de la manne minière de Lycaeus, s'effondra. La planète sombra dans l'anarchie tandis que les différentes technoguildes s'affrontaient pour le contrôle des ultimes ressources de la planète. Les habitants de Lycaeus célébrèrent leur victoire plusieurs jours durant et allèrent même jusqu'à rebaptiser leur lune "Délivrance".

Le rapport le plus complet concernant la Grande Croisade, le Speculum Historiale, ne raconte pas grand chose au sujet des retrouvailles entre l'Empereur et son fils Corax. Ce sont les Archivistes de la Raven Guard qui ont gardé trace de cet événement, même si comme toujours, il reste entouré de mystères. Il est qu'au cours des célébrations de la victoire, l'Empereur se rendit sur Délivrance et y trouva Corax qui l'attendait, curieux de rencontrer cet étranger qui venait d'atterrir seul sur son monde. L'Empereur parla avec Corax pendant un jour et une nuit, mais ce qu'ils se dirent restera à jamais un secret. A l'aube du second jour, Corax accepta de prendre sa place aux côtés de l'Empereur ainsi que le commandement de la Raven Guard. Il posa néanmoins une condition à son acceptation : que l'Empereur l'aide à instaurer la paix sur Kiavahr. La paix par la force des armes certes, mais la paix tout de même. Déstabilisées par leur défaite contre Délivrance, les technoguildes furent rapidement anéanties. L'Adeptus Ministorium n'eut plus qu'à investir la place laissée vacante pour régir la planète selon les lois de l'Empereur. La production de minerai reprit bientôt sur Délivrance, mais suivant un régime hautement sophistiqué. De son côté, Kiavahr fut petit à petit reconstruite sous la férule de l'Impérium. La tour sombre qui avait été la résidence des oppresseurs devint la nouvelle forteresse de la Raven Guard et fut renommée le Pic du Corbeau.

Au cours de la Grande Croisade, Corax et sa légion obtinrent certaines des victoires les plus fulgurantes de cette époque turbulente. Le Primarque n'avait pas oublié les méthodes auxquelles il avait été formé et il employa ses talents à bon escient tout au long de la croisade. Des planètes réputées imprenables tombèrent suite aux interventions de la Raven Guard. Assassinats, opérations secrètes derrière les lignes ennemies et sabotage devinrent la marque de fabrique de la légion, et dans ces domaines, aucune autre ne la surpassait. Corax devint un maître dans l'air de déceler les faiblesses des structures militaires d'une planète et d'intervenir en force à ces endroits même, mettant constamment sous pression les troupes ennemies. Ces méthodes requerraient rarement la totalité des forces de la Raven Guard, mais lorsque cela était nécessaire, Corax n'hésitait pas à envoyer tous ses guerriers au combat.

La Raven Guard acquit une réputation si terrifiante que le Maître de Guerre fit appel à elle en de nombreuses occasions, et on peut dire que si Horus totalisa un nombre incroyable de victoires, il le dut en partie à Corax et ses Space Marines. Les archives de la Raven Guard semblent anormalement pauvres en informations concernant cette période, aussi de nombreux historiens impériaux soupçonnent-ils le taciturne Corax de ne pas avoir porté dans son coeur Horus au tempérament plus sociable, le jugeant trop vantard et manipulateur. La légende raconte que lors d'une altercation qui dégénéra, ils en vinrent presque aux mains et l'effusion de sang ne fut évitée in extremis que lorsque Corax retira le commandement de sa légion au Maître de Guerre.

Les deux Primarques ne se rencontrèrent plus jamais et quand l'Hérésie d'Horus déchira la galaxie, la Raven Guard se battait aux côtès des Iron Hands et des Salamanders. Les trois légions reçurent l'ordre d'attaquer le quartier général d'Horus sur la planète Istvaan V et de le détruire sans autre forme de procès. Quatre légions supplémentaires furent par la suite envoyées pour les soutenir, afin de renforcer les zones de débarquement et consolider le succés de l'invasion.

Horus s'était détourné de l'Empereur, mais il n'en avait pas perdu pour autant les talents qui lui avaient valu le titre de Maître de Guerre. Les légions subirent de lourdes pertes lors de l'assaut d'Istvaan V, car les forces du Traître étaient solidement établies : au terme de combats sanglants, elles furent forcées de battre en retraite pour assurer la liaison avec celles qui étaient venues les soutenir. Les zones de débarquements avaient été fortifiées par les Iron Warriors, et lorsque les troupes alliées se replièrent, elles tombèrent sur un tir nourri déclenché par leurs anciens frères d'armes : Horus était parvenu à corrompre quatre des sept légions envoyées contre lui. Prises entre deux feux, les légions loyalistes furent impitoyablement massacrées, et seule une poignée de survivants parvint à s'échapper et à prévenir l'Empereur de cette trahison à grande échelle.

Sa légion quasi exterminée, Corax retourna sur Délivrance pour la reconstruire aussi vite que possible. Ce fut une période difficile car l'Impérium était à feu et à sang, sur le point de s'effondrer, et la nécessité de guerriers courageux se faisait plus que jamais sentir. Cette situation désespérée appelant des mesures désespérées, Corax s'enferma dans les pièces obscures de la bibliothèque du Pic du Corbeau pour y chercher dans ses tomes ancestraux une solution. Ses recherches le menèrent jusqu'à l'aube de la manipulation génétique, lorsque des techniques d'accélération du développement des zygotes étaient employées afin de créer les premiers guerriers améliorés qui aidèrent l'Empereur à pacifier Terra. Corax réalisa que ce procédé pouvait être modifié pour produire des Space Marines à une vitesse incroyable. Mais les anciens textes mettaient en garde contre les terribles dangers encourus, et bien qu'il eût conscience qu'il risquait de détruire ce qu'il restait de sa légion, il ordonna de mettre en oeuvre le procédé.

Rien ne peut être tenu pour certain quant aux premières créations. Les mémoires de la Raven Guard ont été scellés avec des sceaux d'une puissance indicible et aucun membre du chapitre, ni de ses chapitres successeurs n'a jamais révélé ce qu'il se produisit alors. Les rapports issus d'autres sources sont rarissimes, d'autant qu'à cette époque, la Raven Guard avait tendance à éviter les autres légions, préférant combattre seule et dans l'ombre. Les Prêtres des Runes Space Wolves se transmettent la "Saga du Garou", qui parle de monstres rendus quasiment fous de rage par leur soif de sang, envoyés au combat par leurs frères de la Raven Guard. Peut être l'expérience des Space Wolves en la matière, à propos des Wulfen, explique-t-elle leur sympathie à l'égard de la Raven Guard ? Quoi qu'il en soit, à peine une de ces abominations sur dix était capable de tenir un bolter, et parmi celles-ci, il ne devait pas y en avoir plus d'un pour cent dont la structure génétique fut suffisamment stable pour en faire un véritable Space Marine.

Corax reconstitua peu à peu ses effectifs et sa légion put enfin prendre part à certains conflits. Le talent de la Raven Guard pour opérer en petit nombre sur les arrières des lignes ennemies compensait le manque de guerriers. L'aptitude de Corax à déceler les points faibles des défenses adverses et à les attaquer de façon aussi soudaine que radicale lui permit d'engager ses troupes uniquement dans les conflits qu'il avait choisis. De toute façon, la Raven Guard ne disposait pas du nombre nécessaire pour des opérations d'envergure et ce ne fut qu'un siècle après la fin de l'Hérésie que la légion retrouva ses effectifs d'origine. Corax était parvenu à ses fins, certes, mais pas sans en payer le prix. Les donjons du Pic du Corbeau résonnaient des hurlements des abominations créés par les apothicaires. Il décréta que nul ne devait découvrir quel était le fardeau que la légion avait dû accepter pour garantir sa survie et décida d'administrer lui-même la Paix de l'empereur à chacun de ces malheureux.

Suite à l'Hérésie, Roboute Guilliman, le Primarque des Ultramarines, prit de facto la tête des forces armées de l'Impérium. L'un des premiers édits de son saint ouvrage, le Codex Astartes, fut la division des légions Space Marines en forces de moindre envergure appelées chapitres. Nombreux furent les Primarques à s'opposer à ce décret, Mais Corax accueillit la décision avec bienveillance, car il savait Guilliman clairvoyant. C'est ainsi que la Raven Guard donna naissance à trois autres chapitres : la Black Guard, les Revilers et les Raptors.

A l'image de l'ensemble de la vie de Corax, sa disparition est également entourée d'ombres. On raconte qu'à la suite de la division des légions et au rétablissement de l'ordre Impérial dans la galaxie, Corax s'enferma dans la plus haute tour du Pic du Corbeau pour prier l'Empereur de le pardonner pour ce qu'il avait ordonné à ses apothicaires de faire. Personne ne sait s'il reçut l'absolution qu'il demandait, mais un an jour pour jour après son exil dans la tour, Corax en émergea, l'air hagard et sauvage. Il quitta Délivrance le soir même pour une opération dans l'Oeil de la Terreur et personne ne le revit. Les derniers mots qu'on l'entendit prononcer furent "jamais plus..."

MONDE NATAL

À elles deux, Délivrance et Kiavahr produisent presque autant de machines de guerre qu'un monde-forge. La matière première est issue des immenses richesses minérales de Délivrance tandis que les usines de fabrication se trouvent sur Kiavarh, où sont fabriquées des armes et des machines réputées pour leur qualité.

La lune, Délivrance, est une sphère rocheuse désolée et dépourvue d'atmosphère, recouverte de dômes de force et d'immenses complexes miniers. Sa face cachée brille en raison de l'intense activité des usines d'extraction et des cargos qui font la navette vers Kiavahr. La forteresse de la Raven Guard, le Pic du Corbeau, n'est autre que l'immense tour noire qui fut jadis le repaire des geôliers des esclaves. Il s'agit en fait de la plus imposante des structures naturelles de la planète. A la différence de beaucoup d'autres chapitres, les membres de la Raven Guard sont assez proche de la population de la planète parmi ils choisissent leurs initiés, bien que ce ne soit pas leur unique source d'approvisionnement en nouvelles recrues. Les gens considèrent les Space Marines qui les côtoient comme la manifestation physique de la volonté de l'Empereur et le remercient chaque jour de leur présence parmi eux.

Kiavahr est peuplée de milliards d'ouvriers habitant les citées-ruches qui couvrent sa surface et travaillant dans de gigantesques usines dede production. Des siècles de pollution ininterrompue ont rendu l'atmosphère de la planète hautement toxique, le taux de mutation y est donc bien plus élevé que la moyenne. En règle générale, ce taux dépasse les limites de tolérance de l'Adeptus Ministorium, mais la quantité et la qualité du matériel produit par ces deux planètes rend les autorités plutôt indulgentes à ce sujet.

DOCTRINES DE COMBAT

La Raven Guard suit de près les principes du Codex Astartes, même si son application tactique diffère quelque peu. Elle dépend beaucoup de ses forces de reconnaissance, capables d'agir indépendamment pendant de longues périodes, ainsi que de ses équipes d'intervention rapide, comme celles équipées de réacteurs dorsaux. En règle générale, la Raven Guard déploie ses escouades Tactiques à l'aide de modules d'atterrissage ou de Thunderhawks en fonction des informations rassemblées par les unités de reconnaissance. Cela signifie que le chapitre ne se lance que rarement dans des attaques frontales, à moins que ce ne soit que la seule option. Bien que rares, les dreadnoughts de la Raven Guard sont déployés de la même manière que le reste des forces. Cette approche tactique permet au chapitre de rassembler rapidement ses combattants et pouvoir réagir sur le champ à toute tournure inattendue des opérations. Lorsque leurs effectifs étaient réduits durant l'Hérésie d'Horus, les membres de la Raven Guard sont devenus des experts en guérilla, et cette marque de fabrique a perduré jusqu'à nos jours, de sorte que le chapitre n'utilise que très peu de véhicules blindés.

ORGANISATION

Après le massacre d'Istvaan V, la Raven Guard fut contrainte de se débrouiller avec ses vieilles armures et machines de guerre. Elle ne disposa tout simplement pas des ressources nécessaires pour rééquiper ses guerriers et, encore aujourd'hui on trouve un pourcentage très élevé de vieux types d'armures dans ses rangs. Ceux qui les portent se considèrent comme bénis par leur Primarque et s'efforce d'égaler ses prouesses.

Les méthodes de combat de la Raven Guard sont légendaires et nombreux sont les chapitres à en avoir étudié les techniques de déploiement rapide et d'entraînement spécialisé. En de nombreux cas où il avait été possible de rassembler un grand nombre d'informations sur l'ennemi, des interventions musclées "au bon endroit au bon moment" ont mis un terme à des rébellions avant même qu'elles n'aient le temps de prendre de l'ampleur.



CROYANCES

L'Empereur reste un personnage distant aux yeux des membres de la Raven Guard, ils le reconnaissent comme leur fondateur et maître de la galaxie, sans toutefois le vénérer autant que le font les autres chapitres. En revanche, ils considèrent Corax comme leur père et leur chef, un grand homme capable de prendre des décisions difficiles lorsque cela s'impose. Le chapitre est resté fidèle aux préceptes de son Primarque, et des enregistrements de sermons prononcés par Corax après ses batailles sont diffusés aux Space Marines en guise d'enseignement tactique. L'essentiel des doctrines de combat du chapitre repose en fait sur l'analyse d'anciennes grandes batailles.

Pour les gradés de la Raven Guard, le sens tactique et celui de l'initiative sont plus importants que la force pure. S'il est possible de planter une dague directement dans le coeur de l'ennemi plutôt que s'engager dans un combat frontal, la Raven Guard n'hésitera pas une seconde. Toutefois, si seule cette seconde solution est envisageable, elle ne reculera pas devant son devoir. Ces croyances sont la source de frictions entre la Raven Guard et certains autres chapitres, comme les Blood Angels qu'ils considèrent comme brutaux et peu subtils.

PATRIMOINE GENETIQUE

Le patrimoine génétique de la Raven Guard est loin d'être stable et une grande partie du stock a été irrémédiablement endommagée, probablement la conséquence des techniques de maturation accélérée employées jadis. Le chapitre est don obligé d'importer depuis Terra l'essentiel du matériel génétique dont il a besoin et le cycle de recrutement de la Raven Guard est plus lent que celui de la plupart des autres chapitres. Peu de jeunes guerriers se révèlent en mesure de supporter les transformations destinées à faire d'eux des Space Marines, ce qui limite les effectifs du chapitre.

Les détériorations génétiques dont souffre le chapitre ont pour conséquence le dysfonctionnement, voire l'inutilité de plusieurs des organes uniques dont sont pourvus les Space Marines. Par exemple, le chapitre ne possède plus les zygotes nécessaire au développement du Murcanoïde ou de la glande de Betcher, et le Mélanchrome a subit une mutation spécifique qui, au fil des ans, rend la peau des Space Marines toujours plus pâle. Certains parmi les plus vieux ont la peau aussi blanche que celle de leur Primarque, tandis que leurs yeux et leurs cheveux deviennent aussi noirs que du charbon.

La Saga du Garou [WDF104 p. 22]
Ce n’est que par les nuits les plus sombres que les Prêtres des Runes Space Wolves acceptent de raconter la Saga du Garou, une histoire remontant aux années de la Reconquête, suite à la défaite d’Horus et des légions renégates. Autour d’un feu, ils s’assoient pour conter l’attaque du Palais de Jarelphi, qui fut l’une des batailles les plus sanglantes après la victoire sur Terra. Durant sa retraite, une force d’Iron Warriors trouva refuge sur le monde de Sergatama VI et arracha le contrôle de ses puissantes forteresses des mains des dirigeants. Commandés par un de leurs plus puissants champions, les Iron Warriors transformèrent le somptueux Palais en un assemblage cauchemardesque de bunkers, de redoutes et de tranchées. Les jardins ornementaux qui firent jadis pâlir d’envie Prandium elle-même furent corrompus et couverts de fils barbelés et de mines. Plus d’un million de gardes impériaux assiégèrent le Palais, et les batailles qui eurent lieu furent brutales et sans merci, les renégats défendant chaque mètre de terrain avec ténacité. Mais l’une après l’autre, les portes menant au bastion central tombèrent, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une, séparant les Space Wolves de leurs ennemis.
Mais, les Iron Warriors ne sont pas réputés pour leur maîtrise des sièges pour rien, et malgré toute la bravoure affichée par les Fils de Russ, ceux-ci ne purent abattre l’ultime porte. A plusieurs reprises, deux puissants champions Iron Warriors repoussèrent à la tête de leurs guerriers les assauts des Space Wolves et il sembla que rien ne pourrait les déloger de leurs positions. A l’aube du centième jour de siège, des guerriers en armure noire arborant le symbole du corbeau surgirent des cieux et prirent d’assaut la porte, faisant avancer devant eux des créatures sauvages et furieuses. Horriblement déformés, les monstres émettaient des hurlements d’une telle sauvagerie que même les Space Wolves, se souvenant de la malédiction du Wulfen sommeillant au fond d’eux, furent glacés d’effroi.
Rien ne pouvait contenir ces monstres, ni lames, ni bolts, et ils s’engouffrèrent à travers la porte massacrant tout ce qui passait à portée de leurs griffes. Les Fils de Russ contemplèrent le massacre, alors que les bêtes et la Raven Guard se frayaient un chemin jusqu’au coeur du Palais et brisaient les défenses des Iron Warriors, dont une poignée à peine parvint à s’échapper, tandis que les autres étaient littéralement mis en pièces.
Une fois la victoire acquise, la Raven Guard disparut aussi soudainement qu’elle était apparue, laissant uniquement derrière elle les corps de ceux qu’elle avait massacrés.
Ce ne fut que de retour au Croc que les Space Wolves ayant assisté à cet événement en parlèrent, encore ne saura-t-on jamais s’ils éprouvèrent de la pitié ou de la révulsion pour ces êtres féroces qui portaient indubitablement les vestiges de leur humanité.

CRI DE GUERRE

La Raven Guard favorise la discrétion et ne dispose pas véritablement d'un cri de guerre. Elle possède en revanche un credo : "Vinctorus aut Mortis".

PERSONNALITÉS

Kayvaan Shrike, Capitaine d'Ombre de la 3e compagnie [Codex SM 2004 p. 46]

Le capitaine Shrike acquit sa réputation lors de la campagne visant à détruire les Seigneurs de Guerre Orks de Targus VIII, un monde-ruche plongé dans une nuit perpétuelle, situé en bordure des étoiles du Halo et ayant succombé à leur Waaagh ! La reconquête de ce monde fut confiée à la Raven Guard et à dix régiments de la Garde Impériale accompagné par la Flotte. Des cibles minutieusement choisies furent assignées à la Raven Guard afin qu’elle les détruise avant l’invasion impériale. Shrike commandait une force d’assaut Space Marine dont l’objectif était un gigantesque canon, à l’arrière des lignes ennemies. La frappe fut rapide et violente, mais une fois la cible détruite, Shrike et ses hommes se retrouvèrent pris au piège lorsque le Thunderhawk chargé de les extraire fut abattu.
Non découragés par l’incident, ils se dissimulèrent durant deux ans en territoire ork avant de pouvoir rejoindre leur chapitre. Durant cette période, ils fournirent de précieuses informations de tir aux artilleurs de la flotte tout en effectuant des opérations de guérilla contre les réserves de carburant et de munitions des orks, et survécurent en pillant les réserves ennemies. Shrike fut décoré des Lauriers Impériaux lors de son retour triomphal auprès des siens. En partie grâce à ses efforts, la campagne prit fin des dizaines d’années avant la date prévue par les stratèges impériaux.

"Depuis les ombres nous frappons, rapides et mortels, et avant que nos ennemis ne puissent réagir... les ténèbres et rien de plus."

En plus d'un réacteur dorsal et de l'équipement normal d'un Space Marine, Kayvaan Shrike porte les Serres du Corbeau. Cette paire de Griffes Eclairs, probablement forgées par Corax lui-même après le massacre d'Isstvan V, est réputée indestructible et peut facilement traverser la plus résistante des armures. Kayvaan Shrike combat souvent avec une escouade de vétérans qu'il a personnellement entraîné et équipés comme lui de Griffes Eclairs et de réacteurs dorsaux.

Aajz Solari, Capitaine de la 5e compagnie [WDF104 p.21]
Le capitaine de la Cinquième Compagnie de la Raven Guard a la réputation de mener régulièrement en personne ses escouades d’assaut au combat. De taille impressionnante, même pour un Space Marine, la peau blanche comme le marbre et les longs cheveux noirs d’Aajz sont le témoignage de son long service au sein du chapitre. Recruté sur Délivrance même, le Capitaine Solari est issu d’une des plus anciennes familles de la lune et ses ancêtres descendent des esclaves d’antan. Sa férocité et ses talents martiaux sont légendaires dans le chapitre, de même que sa tendance à se passer des formalités d’usage.
Ses aptitudes à combattre dans toutes les situations imaginables et à s’adapter aux exigences de la situation sont exemplaires. Il est cependant des fois où Solari s’en remet davantage à la chance qu’à son sens tactique. Force ainsi le destin lui a souvent valu de brillant succès, mais également de cuisants échecs. En d’autres termes, Solari aime prendre des risques et s’il a jusqu’à présent échappé à la honte de la cour martiale, c’est uniquement grâce à son taux élevé de succès.